polytechnique

in memoriam,

Ce film est inspiré des témoignages des survivants du drame qui a eu lifu le 6 décembre 1989, à L’École Ploytechnique de Montréal. Par respect pour les victimes et leur famille, tous les personnages sont fictifs.


“Maman, Désolé, c’était inévitable.”













“Je vous écris en sachant que je vous enverrai jamais cette lettre.

On se connaît pas, mais nous sommes intimement liées.

Je vous écris, parce qu’aujourd’hui, j’ai, pour la deuxième fois de ma vie, profondément peur.

La première fois, c’est quand j’ai rencontré votre fils.
Votre fils qui m’a ouvert la porte sur ce que le monde peut contenir de haine.

Et j’en suis restée marquée pour la vie.

Lui, il est mort, moi, je suis vivante.
Il est libre, je suis coincée.

Tout le monde me dit que je suis forte.
J’en ai ma claque, d’ôtre forte.

Des fois, je voudrais crier sur tous les toits que j’ai été blessée pas seulement physiquement.

Je voudrais me rouler en boule comme un animal blessé et attendre que ça passe.

Je pense à mon amie Stéphanie qui est morte dans mes bras à tous les jours.

À mes amies mortes, à mes amies blessées.

Je pense à toutes les femmes de tous les âges qui ont été blessées dans leur âme, ce soir-là.
Comme un poids sur mes épaules. Je suis fatiguée de ce poids-là.

L’amour vient de me faire un cadeau. J’ai un enfant dans mon ventre.
Je voudrais de tout mon coeur que ce soit joyeux. Mais j’ai peur.
Je suis fatiguée d’avoir peur.

Il faut que j’arrive à retrouver assez confiance dans la vie pour sauter dans le vide. Il faut que je me tienne debout toute seule. Et je vais me tenir debout.

Si j’ai un fils, je veux lui apprendre l’amour.
Si j’ai une fille, je veux lui apprendre que le monde lui appartient.”




Ce film est aussi dédié aux étudiants et employés de l’École Polytechnique de Montréal, ainsi qu’aux familles des victimes.